COP21 : les négociations entrent dans le dur sur fond de mobilisation pour un accord ambitieux

Introduction

Des groupes de la société civile se sont rassemblés pour un sit-in pacifique jeudi dans les halls de la négociation onusienne, quelques heures après la remise d’un nouveau projet de texte pour l’accord de Paris. Les organisateurs, parmi lesquels des syndicalistes, des jeunes, des défenseurs de la cause féminine, ont appelé à un accord ambitieux qui aboutisse à des réductions d’émissions et des financements suffisants pour protéger les plus vulnérables. Ce ne sont pas seulement ces groupes de citoyens qui se sont réunis pour demander la justice climatique, mais aussi les pays – bien que plus lentement – qui se sont efforcés de résoudre des éléments clés de l’accord en cours de négociation : un objectif de long terme prônant la décarbonation et des révisions régulières à la hausse des ambitions. Si certains éléments de l’accord ont besoin d’être plus fermement ancrés, en dehors des enceintes de négociations le rythme du changement est plus rapide que jamais, et démontre aux pays qui continuent à faire de la résistance qu’ils vont à contre-courant. Avec ce nouveau projet de texte, il reste à peine plus de deux jours aux ministres pour décider s’ils veulent prendre part au mouvement et accélérer une transition juste vers un avenir alimenté à une énergie propre et sûre qui protège les plus pauvres, ou se faire distancer et rester dans le  déni et l’ignominie.

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Points clés

  • La dynamique en faveur d’un accord est plus forte que jamais. Alors qu’il reste deux jours de négociations, l’annonce faite mercredi par les Etats-Unis, qui vont doubler leur contribution au fonds d’adaptation, n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette dynamique. Le mouvement en faveur du changement rallie toujours plus de monde à sa cause et l’issue de la COP21 ne sera pas une fin mais plutôt un point d’étape vers l’accélération d’une transition vers 100% d’énergies renouvelables.
  • Un accord à Paris représentera un signal fondamental de changement dans le monde. Au cours de la semaine dernière, de multiples annonces sont venues  depuis plusieurs pans de la société comme la finance, la santé, le monde de l’entreprise et les scientifiques, soulignant les risques associés au changement climatique et appelant les gouvernements à élaborer un accord ambitieux qui protège le public des impacts liés au réchauffement et à la pollution des énergies fossiles. Des centaines de milliers de personnes se mobilisent pour demander aux dirigeants de prendre part à une transition juste vers un monde plus sûr et plus stable alimenté par une énergie renouvelable, parce que cela a du sens pour les populations, l’économie et l’environnement.

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Citations

  • « Les ingrédients sont toujours réunis pour parvenir à un accord ambitieux à Paris.  Mais les ministres ont encore des décisions difficiles à prendre. Ces derniers n’ont plus que 2 jours pour faire le choix entre un monde à 1,5°C de hausse de la température moyenne mondiale ou bien un monde à 3°C. Le texte intègre maintenant plus d’options garantissant que tous les pays se retrouveront d’ici 2020, au niveau international, pour revoir à la hausse le niveau d’ambition de leurs promesses nationales. Ceci dit, les parties vont devoir combler certaines lacunes et s’assurer que la « révision avant 2020 » et le « mécanisme de l’ambition » recouvriront les sujets clés de l’action climatique – l’adaptation, les financements et la réduction des émissions – pour ne laisser aucun pays sur la touche. »- Tasneem Essop, cheffe de la délégation du WWF pour la COP21
  • « L’enjeu de ces prochaines heures sera de voir les pays avancer intelligemment sur les points durs qui persistent dans la négociation, de manière à ce que les options fortes dont dépend l’ambition climatique soient bel et bien actées dans le texte. Nous sommes soulagés de voir figurer dans le projet d’accord des options que nous voulions sauver. C’est par exemple le cas de l’opportunité laissée aux pays de réviser à la hausse leurs promesses et leurs efforts avant l’entrée en vigueur de l’accord de Paris en 2020. Nous restons malgré tout prudents et mobilisés pour que ces sujets ne soient pas torpillés au profit de tractations de dernière minute. »– Pierre Cannet, responsable du programme Energie et Climat au WWF France
  • « Il est temps de choisir entre deux visions : se reposer sur la bonne volonté des pays donateurs ou donner des garanties aux pays les plus vulnérables sur la croissance des financements. La possibilité de fixer de nouveaux objectifs de financement pour la période après 2020 est toujours sur la table et doit y rester si les pays en développement veulent avoir une chance d’obtenir plus de soutien à l’avenir pour répondre aux besoins réels sur le terrain. Il ne s’agit pas de charité mais de responsabilité historique de la part des pays riches. La question de l’adaptation est toujours en sursis, même si l’importance des dons et de sources de financement innovantes pour répondre aux besoins est soulignée. L’absence de volonté politique significative pour relever l’ambition sur la réduction des émissions après 2020 est toute aussi inquiétante. Au cours des derniers jours, plus de 100 pays en développement ont insisté sur le fait que leur survie dépendait d’un accord limitant le réchauffement climatique à 1,5 degré. Dans ce contexte, un accord à 3 degrés est un scénario catastrophe. Nous sommes à un moment critique car il ne reste plus que 24 heures aux Ministres pour abattre leurs cartes et faire preuve de plus d’ambition. Alors que la COP21 touche à sa fin, ils devraient se concentrer sur leur tâche –  un accord qui protégera le mieux les populations les plus vulnérables – plutôt que de penser d’ores et déjà à leurs  activités du weekend.» – Romain Benicchio, porte-parole d’Oxfam France
  • “Il reste 24 heures pour réinjecter de l’ambition dans ce texte. Les opposants les plus évidents à un accord ambitieux (comme l’Arabie saoudite) sont l’arbre qui cache la forêt. Tous les compromis qui sont en train de se faire derrière des portes closes, sans sursaut ni éclat de voix, répondent encore à des intérêts nationaux de court terme. Aucun pays ne défend vraiment l’intérêt des populations, des plus vulnérables, des pays menacés. Tous les pays sont responsables de la conclusion de l’accord de Paris : les grands pollueurs doivent arrêter d’entraver la transition énergétique et de prendre en otage la négociation. Les pays qui subissent cette pollution doivent refuser des compromis au rabais et protéger les fonctions vitales qui permettront de progressivement rectifier le tir.” – Réseau Action Climat
  • « Tous les éléments d’un accord ambitieux sont encore présents dans le texte. Rien n’est tranché en matière d’ambition, de finance et de différenciation. La nuit va être longue ! J’espère que les ministres seront à la hauteur de l’enjeu.” – Pascal Canfin, conseiller principal pour le climat du think tank World Resources Institute (WRI)

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