COP : à mi-parcours, aux ministres maintenant de faire preuve d’ambition

Introduction

Comme prévu, après une semaine de travail, les négociateurs de la COP21 ont abouti à une version  intermédiaire  qu’ils ont remise samedi à Laurent Fabius et qui doit servir de base aux travaux des ministres cette semaine dans la perspective d’un accord climatique universel. La semaine a également été riche en annonces faites en marge de la Conférence, émanant de multiples acteurs économiques et financiers et de la société civile, démontrant la puissance de la dynamique qui s’est créée autour d’un avenir 100% renouvelable et juste. Après les déclarations des chefs d’Etat à l’ouverture de la COP, suivies d’annonces fortes en faveur des énergies renouvelables et de désinvestissements records dans les énergies fossiles, d’autres groupes se sont exprimés. Un millier d’élus locaux réunis autour de la Maire de Paris Anne Hidalgo se sont engagés pour 100% d’énergies renouvelables en 2050, aux côtés de personnalités telles que les acteurs Leonardo di Caprio ou Robert Redford, l’ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger et l’ancien vice-président Al Gore. Dans le secteur financier, le Conseil de stabilité financière a confié à l’ancien maire de New York Michael Bloomberg une task force destinée à identifier les risques liés au changement climatique sur les marchés financiers afin d’en informer les investisseurs, les assureurs, les banques et les consommateurs. Enfin, plus de 1700 organisations de santé représentant 13 millions de médecins, d’infirmières et d’autres professionnels de santé, déclarant que le changement climatique était une urgence médicale qui pourrait anéantir 50 ans de progrès en matière de santé publique, pressent les gouvernement d’aboutir à un accord qui protégé la santé de la population. C’est maintenant aux ministres arrivés à Paris pour finaliser l’accord de donner très rapidement  des signaux clairs indiquant qu’ils sont prêts à avancer sur les sujets qui peuvent permettre de progresser vers un accord susceptible d’accélérer une transition juste vers 100% de renouvelables, qui protège les populations les plus vulnérables. C’est maintenant que l’occasion leur est donnée de montrer qu’ils ont entendu les paroles de leurs chefs d’Etats à l’ouverture de la COP21.

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A faire

Points clés

  • Les ministres ont quelques jours pour aboutir à un accord favorisant 100% d’énergies renouvelables et protégeant les plus vulnérables. Un tel accord suppose un plancher de 100 Mds$ par an pour le financement, dont la moitié dédiée à aider les plus vulnérables à s’adapter et à se protéger des impacts du changement climatique ; un mécanisme de révision à la hausse des engagements nationaux avant qu’ils n’entrent en vigueur et régulièrement ensuite pour poursuivre un objectif de long terme supprimant les énergies fossiles au profit de 100% d’énergies renouvelables pour tous. Ajouté à un paquet solidarité incluant plus de finance climat et des résultats robustes sur les pertes et dommage, cela constituerait la voie la plus juste vers une hausse des températures limitée à +1,5°C, une position soutenue par plus de 100 Etats, dont les plus vulnérables. L’accord doit également donner l’opportunité aux gouvernements d’agir dès maintenant, ce qui serait moins onéreux et nous éviterait de subir les pires impacts du changement climatique.

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Citations

  • « Sans une revue à la hausse des efforts des pays, au regard de l’équité et de la science, en matière de réduction des émissions, de financements et d’adaptation, nous ne pourrons pas tenir le cap des 1,5°C. Rappelons que les promesses actuelles des pays pour 2025 ou 2030 conduiraient le monde vers un réchauffement planétaire autour de 3°C.  Alors que la COP21 s’ouvrait sur l’importance de tout faire pour protéger les plus vulnérables, il est impensable que l’accord de Paris ferme la porte à l’objectif des 1,5°C en écartant toute revue des promesses. » – Pierre Cannet, responsable du programme Energie et Climat au WWF France
  • « Cette première semaine des négociations s’achève sur un texte en demi-teinte. Le champ des possibles est encore très large au regard des nombreuses options qui doivent faire l’objet de compromis. Nous sommes au milieu du gué. Les observateurs, dont les ONG, restent à pied d’œuvre pour maintenir la pression sur les délégations et obtenir un accord ambitieux qui réponde à l’urgence climatique. » – Denez L’Hostis, président de FNE
  • « Les Etats auront à choisir entre plusieurs options qui détermineront leur niveau d’ambition. L’une des options se contente de constater que plus il y aura d’efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, moins les besoins d’adaptation seront importants. Afin de soutenir les plus vulnérables, nous voulons que l’accord prévoie un mécanisme d’ajustement du niveau de support technique et financier à l’adaptation en fonction du niveau de la hausse de la température. C’est la seule manière de garantir que les financements couvriront les besoins crées par les dérèglements climatiques. » – Aurélie Ceinos, chargée de mission changement climatique à CARE France
  • « A ce stade des négociations, les pays riches doivent à minima répondre à la récente proposition de certains pays d’Afrique et s’engager à augmenter considérablement le montant destiné à l’adaptation au cours des 5 prochaines années. Cela permettra de construire de la confiance et surtout d’amorcer les difficiles négociations sur le financement post 2020 dans l’Accord de Paris, qui reste la grande inconnue de l’équation. Il s’agit pourtant d’une des conditions sine qua non pour faire de l’Accord de Paris un succès, mais également pour répondre aux besoins croissant sur le terrain. » – Romain Benicchio, porte-parole d’Oxfam France
  • « En ce moment précis, les ennemis du climat se demandent comment arrêter les progrès possibles vers la sortie des énergies fossiles.  Nous n’avons toujours pas dans le texte l’objectif d’une trajectoire vers 100% renouvelables d’ici 2050. Il reste encore beaucoup de travail à faire la semaine prochaine, notamment pour éviter tout recours à des formulations de types ‘transformation bas carbone’, qui laissent la porte ouverte à toutes les mauvaises solutions. Comme le nucléaire ou la géoingénérie. Vu l’état actuel des choses,  nous pouvons encore nous permettre d’avoir de l’espoir sur la forme, sur le processus, mais moins sur le fonds.  » –   Jean François Julliard, directeur  général de Greenpeace France
  • « Le texte est moins touffu. Les choix à opérer sont plus clairs. Mais toutes les options sont encore sur la table, les pires comme les meilleures. Nous n’avons plus le temps pour un jeu de poker menteur : les pays doivent abattre leurs carte maintenant. La société civile n’acceptera pas un accord climaticide, un accord accentuant les injustices. Nous savons que l’accord de Paris ne sera pas suffisant pour répondre à la crise climatique. Il doit néanmoins servir de kit de survie, de boîte à outil pour remettre la planète sur le bon chemin, celui d’un réchauffement planétaire non pas de 3 degrés ou plus, mais de 1,5 ou 2 degrés. Pour ​cela, les ministres devront ​impérativement injecter de l’ambition politique dès leur arrivée à Paris et prendre les bonnes décisions : financer la coopération solidaires entre les Etats face au changement climatique, protéger dans l’accord international les points indispensables à la survie des populations les plus vulnérables, améliorer les engagements des États avant 2020 et continuer cette progression par la suite, visant un horizon sans énergies fossiles et 100% renouvelable en 2050. » – RAC France

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