Mobilisation mondiale sans précédent à la veille de la COP21

Introduction

Attendue depuis des mois la COP21 démarre enfin, dès dimanche après-midi pour les négociateurs internationaux et à partir de lundi, officiellement, avec l’arrivée de quelque 150 chefs d’Etat et de gouvernement sur le site de Paris-Le Bourget. S’en suivront 12 jours de négociations au cours desquels 196 parties devront mettre en place les conditions pour contenir le réchauffement planétaire en-deçà de 2°C d’ici à 2100 via l’établissement de contributions nationales, un mécanisme de révision des ambitions à la hausse tous les cinq ans, un objectif de long terme visant une économie totalement décarbonée dans les prochaines décennies, la sécurisation du fonds vert Climat doté de 100 millions de dollars par an après 2020 pour accompagner la transition bas carbone et la résilience des pays en développement, un objectif pour l’adaptation, un mécanisme de pertes et dommages pour les impacts irréversibles du changement climatique etc.  La mobilisation des acteurs non-étatiques – entreprises, territoires, autorités scientifiques, morales et religieuses – atteint une ampleur inédite, malgré les attentats meurtriers du 13 novembre et la déclaration de l’état d’urgence sur tout le territoire français, qui ont perturbé la tenue d’événements citoyens. La marche pour le climat a, par exemple, été interdite à Paris, mais plus de 300 événements sont néanmoins maintenus dans toute la France tout au long de la COP21. Et des marches se sont déjà déroulées en Australie, aux Philippines et au Japon, mobilisant des dizaines de milliers de personnes. A l’occasion d’une réunion de préparation à la COP21 à l’Elysée au cours de laquelle le chef d’Etat a reçu quatorze organisations de la société civile, Oxfam France a remis à François Hollande une pétition ayant recueilli 1,3 millions de soutiens à travers le monde. Greenpeace a placé une montgolfière à côté de la Tour Eiffel samedi après-midi, pour alerter le monde entier sur l’urgence climatique et mettre en valeur la solution à cette crise : les énergies renouvelables.

En route pour deux semaines de mobilisation autour du climat !

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A faire

Points clés

  • Les attentats de Paris ont compromis certains événements sous le format initialement prévu, mais la mobilisation citoyenne reste massive. Le gouvernement français a décidé de mettre en place des mesures exceptionnelles pour sécuriser la COP21 face au danger terroriste qui plane sur la capitale française. Etat d’urgence oblige, toutes les marches pour le climat ont été interdites en France et des militants écologistes ont été assignés  à résidence. Mais la mobilisation citoyenne s’est réorganisée. Avaaz a collecté plus de 10 000 paires de chaussures, dont celles du Pape, pour les exposer Place de la République dimanche matin, en guise de symbole de la marche annulée ; des communautés indigènes du monde entier organisent une cérémonie Place de la République à 10h30 et à midi (12h00), plusieurs groupes fromeront une chaîne humaine le long du Boulevard Voltaire, depuis la station de métro Oberkampf jusquà la Place de la Nation, qui devrait attirer plusieurs milliers de personnes. D’autres mobilisations climat sont prévues samedi et dimanche en France. Le projet March4me permet aux citoyens du monde entier de représenter un marcheur français empêché. L’Australie et les Philippines ont donné le coup d’envoi des marches en faveur du climat et une cinquantaine sont prévues dans le monde entier pendant le week-end. En tout, 2300 événements dans 150 pays sont prévus tout au long de la COP21 pour faire pression sur les dirigeants internationaux tout au long des négociations.
  • Les pays sont plus que jamais mobilisés, avec 155 contributions nationales remises à l’ONU. Si la signature d’un accord contraignant reste encore incertaine, l’engagement des Etats est absolument inédit. L’ONU a indiqué avoir reçu 155 contributions nationales (INDC) en amont du sommet, dont la mise en application limiterait le réchauffement climatique à 3°C d’ici à 2100. Les principaux axes de négociations, en plus de la sortie progressive des énergies fossiles, restent la clarification des outils de mesure, rapport et vérification (MRV) et le principe de révision à la hausse tous les cinq ans des objectifs nationaux pour limiter la hausse à 2°C, voire 1,5°C. La question du financement doit impérativement être sécurisée, notamment pour limiter les impacts du changement climatique sur les pays les plus vulnérables. Les Etats se sont engagés à Copenhague à créér un Fonds vert pour le climat doté de 100 milliards d’euros par an à partir de 2020 mais son approvisionnement reste encore trop incertain. Il est désormais clair que la transition vers plus d’énergie renouvelables sera créatrice d’emplois locaux dans tous les pays, tout en éloignant la menace sanitaire et climatique représentée par l’exploitation des énergies fossiles. Plusieurs études ont démontré que l’atteinte d’un mix énergétique mondial 100% renouvelable d’ici à 2050 était non seulement possible, mais nécessaire.

Contexte

The Paris climate summit, COP21, which begins on Sunday afternoon in the French capital, takes place at a critical moment. A successful agreement in Paris will accelerate the transition to the low carbon economy necessary to keep the climate safe. It will establish an enduring framework within which governments can work together to keep the rise in global temperatures below 2DegC – the temperature goal previously adopted by world leaders – or ideally, 1.5DegC, as the most vulnerable nations are calling for. It will shape the development of the real energy economy in the months and years after Paris.

While there have been previous attempts to reach an international agreement, momentum today is stronger than ever before. There is a bigger political will to drive home a strong deal than at past summits, as shown by the national climate pledges – or INDCs – over 160 countries have already submitted to the UN in the run-up to the Paris summit. These pledges cover over 90 per cent of global emissions.

Alongside the strong political will, the falling costs of low carbon technologies such as solar and wind power show that a clean energy future is feasible and affordable. At the same time, fossil fuel companies have been losing ground, with fears of stranded assets meaning investors have been pulling money out – recent figures show as much as $34 trillion of fossil-fuel revenues could be at risk over 2015-40 if the world decides to get serious about meeting the 2DegC target – projects being cancelled, and profit margins crumbling.

In the last few days alone, diverse groups from CEOs to academics have spoken out in favour of a strong Paris agreement. And civil society has been calling for rapid, ambitious action on climate change all year long. In a range of marches, conferences, debates and mobilisations throughout the year, people around the world have shown that they realise the crucial importance of enabling and assisting the ongoing transformation to a 100 per cent renewable economy.

This weekend, in the last two days before the summit begins, people will take to the streets around the world for the climate once again. While the terrible tragedy of the 13 November attacks in Paris means the marches in the French capital have been cancelled, those in Paris will still be making their demands heard in other ways, such as by joining in virtual marches, forming a human chain and having others march for them.

The Paris summit will last two weeks: the first day, 30 November, will be the ‘leaders’ day’ when Heads of State gather. They will then leave their negotiators to take over for the first week, who will be joined by country ministers in the second week of the summit. The summit ends on 10 December.

What are the elements up for negotiations at the COP21, and what are observers calling for? Above and beyond the countries’ mitigation pledges, there are many elements which experts say must be agreed to ensure countries can implement their actions and build an enduring regime. These include:

– Legal nature – The Paris outcome is likely to include a legally binding section and a range of other legal instruments. Legal nature is one element for measuring the political intent of countries, but the others elements listed below are also important.

Long-term collective goal – 2DegC is the obligation all countries have agreed is necessary to avoid dangerous climate change. However, many companies and investors find this goal difficult to measure their spending against. Therefore having something more operational that

governments, investors and others can benchmark their decisions against will help to make 2DegC meaningful for the real economy. Such a goal also keeps open a possibility of limiting climate change to no more than 1.5DegC and increases the probability of the 2DegC limit being respected.

– Ambition mechanismIf the conditional and unconditional INDCs are fully implemented, they are expected to produce around half of the emission reductions needed by 2030 for the world to take the least costly path to hold warming under 2DegC. As a result, negotiations are partly focused on setting up a system to bring countries back to the table soon to discuss deeper emissions cuts. This ‘ambition mechanism’ should enable countries to step forward regularly every five years and increase ambition. For the greatest impact, the first review should take place prior to 2020.

Transparency and accountability – the rules and assumptions which underpin how countries count their emissions is crucial to ensuring environmental integrity. Verification is critical to ensure that countries understand the international expectations upon them to abide by the rules. These elements are crucial to provide other countries, corporates and investors with the confidence that countries will abide by the rules and implement their actions.

– Financial support – empowering the world’s poor to cope with the impacts of climate change and develop in a less polluting way is perhaps the most important issue to be resolved at the Paris climate summit. Specific elements up for discussion are: reaching the $100 billion of climate finance promised annually by 2020 and scaling it up consistently afterwards, the proportion of funding that goes towards adaptation, the potential for quantifiable targets for richer countries, if new donors should be included in the future agreement.

Adaptation – The impacts of climate change are already destroying livelihoods and aggravating poverty. A long term adaptation goal would link efforts to adapt to levels of emissions. Moreover, observers are calling for the issue of loss and damage – when the impacts of climate change are too severe to adapt to – to be firmly anchored in the agreement, and for adaptation to receive public financial support.

– Loss and damage – As the impacts of climate change become more severe, adaptation is no longer an option. In this case, countries are beginning to look at some of the implications for this unmanageable situation. One of the first issues this raises is how to attribute climate change to a specific event that causes loss and damage, understand and document those impacted by such events and then identify how to redress their loss. NGOs say loss and damage should receive public financial support.

– Immediate ambition – As part of the agreement from the 2011 Durban climate summit, countries embarked upon a work programme to increase ambition immediately, before a new agreement in Paris kicks in. At present the discussions in the negotiations focus on identifying areas of potential for more ambition.

Immediately following the Paris climate summit there is likely to be much analysis and attempts to evaluate its likely impact. There are also upcoming meetings in the next few months for leaders and decision makers to discuss the outcome. These include the European Leaders meeting of 17-18 December; the World Economic Forum on 20-23 January 2016; the 15-17 April World Bank and IMF Spring Meetings and 26-27 May for G7 Leaders.

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Citations

  • “L’économie fondée sur les énergies renouvelables se développe à un rythme qui dépasse toutes les prévisions et le soutien général pour un avenir alimenté à 100% aux renouvelables s’accroît de jour en jour. Nous ne doutons pas de pouvoir atteindre les 100% de renouvelables avant la fin du siècle. Parier sur une autre forme d’énergie pour l’avenir n’a aucun sens ni sur le plan social, ni sur le plan financier.” – Wael Hmaidan, Directeur du réseau Climate Action Network (CAN)
  • “Suite aux attentats à Paris, Beirut, Bamako et dans tant d’autres lieux, nous espérons que le monde se rassemblera lors des négociations sur le climat et exprimera sa confiance dans notre humanité partagée. Avant chaque sommet sur le climat, nous exprimons notre souhait que les nations travaillent ensemble dans un esprit de coopération, et Paris n’échappe pas à cette habitude. Greenpeace est mobilisé en faveur de la paix depuis ses origines. Un action réellement significative sur le climat ferait de ce monde un endroit plus sûr.” – Kumi Naidoo, directeur général, Greenpeace International
  • “Les engagements des pays actuellement sur la table pour la COP21 ne sont pas suffisants pour rester sous les deux degrés. Heureusement, de plus en plus de citoyens, de villes et de pays n’ont pas attendu les conférences  internationales et s’engagent partout dans le monde dans les énergies renouvelables. La France, elle, les développe toujours trois fois moins vite que la moyenne de ses voisins européens.”– Jean-François Julliard, Directeur général de Greenpeace France

  • “Nous avons besoin de plus d’engagements pour garantir un accord adapté aux populations les plus pauvres qui sont aussi les plus durement touchées et sont contraintes de subir une vie de famine.” – Kelly Dent, responsable du changement climatique pour Oxfam
  • « Les effets du changement climatique se font déjà sentir et les pays du Sud sont impactés de façon trop injuste. Les chefs d’État doivent maintenant passer à la vitesse supérieure et faire de l’accord de Paris celui qui actera non seulement de la réduction des émissions de gaz à effet de serre mais garantira également que les financements pour les pays du Sud seront versés. Sans cela, le coût humain du changement climatique s’alourdira.» – Claire Fehrenbach, Oxfam France

  • « Les chefs d’État et de gouvernement doivent passer à la vitesse supérieure. L’accord de Paris doit permettre de réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre et de mobiliser des financements supplémentaires pour permettre aux communautés vulnérables, déjà confrontées à des inondations et des sécheresses imprévisibles, ainsi qu’à la faim, de s’adapter et de survivre. Le coût humain du changement climatique devra être au cœur des débats à Paris, si nous voulons obtenir un accord sur le climat qui réponde véritablement aux besoins des populations les plus pauvres. » – Romain Benicchio, porte-parole d’Oxfam France.
  • “Nous savons déjà que cet accord, certes indispensable, sera insuffisant tant que les Etats continuront de soutenir en parallèle des modèles économiques climaticides. Dans ce contexte, l’accord de Paris doit constituer un plancher, un levier et un outil qui impulse partout dans le monde une réorientation des investissements, des choix politiques et économiques. Ce, dès aujourd’hui, sans attendre l’entrée en vigueur de l’accord.” – Réseau Action Climat (RAC)