Les contributions climat : un “pas historique” vers la décarbonation, mais encore insuffisant

Introduction

Le “niveau historique d’engagement” montré par les Etats dans leurs contributions nationales réduiront les émissions de façon significative au cours des 15 prochaines années, selon un nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) publié aujourd’hui. En écho aux conclusions de la CCNUCC, le PNUE montre que, si les engagements permettent de s’approcher du niveau d’émissions à ne pas dépasser et ainsi combler le “fossé” ou “emission gap”, il faut agir plus largement. Les politiques existantes permettront déjà de réduire les émissions de 5Gt par rapport aux projections actuelles, auxquelles celles proposées dans le cadre des contributions nationales ajouteront de 4 à 6 Gt selon le PNUE. Cependant, il faudrait éviter 12 Gt supplémentaires pour rester sous la barre des 2°C qui font consensus au plan international, et plus encore si l’on vise les 1,5°C que demandent les pays les plus vulnérables.Décrivant les engagements comme “un mouvement sans précédent en faveur d’un accord sur le climat à Paris  et la décarbonation de nos économies“, l’analyse du PNUE fait écho à une série de rapport montrant que ces actions vont dynamiser le développement des énergies renouvelables et apporter de multiples bénéfices pour les citoyens et l’économie. Mais le message est clair : plus d’ambition signifie plus de bénéfices, et on voit se déployer une dynamique pour inciter les pays à venir à Paris prêts à signer un nouvel accord universel fixant un objectif de long terme clair de sortie des énergies fossiles d’ici à 2050, régulièrement révisé à la hausse pour l’atteindre, et fournissant aux pays les plus pauvres le soutien financier nécessaire pour ne laisser personne au bord de la route.

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A faire

Points clés

  • Les contributions nationales rapprochent la planète de l’objectif des 2°C, mais pas encore suffisamment. En écho aux calculs de la CCNUCC elle-même, les conclusions de ce rapport publié aujourd’hui montrent un “niveau historique d’implication et d’engagement de la part des Etats membres” mais ne suffisent pas à éviter des niveaux de changement climatique dangereux. Selon le PNUE, les efforts existants de lutte contre le changement climatique, ajoutés aux plans nationaux aujourd’hui sur la table, pourraient réduire les émissions de 11 Gt d’ici à 2030 par rapport aux projections actuelles. Mais en arrivant à Paris, les Etats doivent être prêts à trouver 12 Gt supplémentaires d’économies à la même échéance afin de maintenir la hausse des températures sous les 2°C.
  • Les soutiens à un accord révisé à la hausse au fil du temps se multiplient. Cette semaine, les présidents français et chinois ont ajouté leurs voix pour appeler à une accord climatique robuste assorti de révisions régulières des objectifs de réduction d’émissions et qui envoie un signal clair pour une transition vers une éconoie bas-carbone, faisant ainsi écho à des déclarations du Brésil, de l’Allemagne, des Etats-Unis et les pays du G7 ces derniers mois. La semaine prochaine, les pays les plus vulnérables se retrouveront à Manille aux Philippines pour préciser leurs objectifs dans le cadre de la conférence de Paris. Ils devraient ré-itérer leurs appels antérieurs à ramener de 2°C à 1,5°C le plafond à ne pas dépasser pour éviter d’entrer dans une zone de danger et à obtenir plus de soutien financier pour aider les nations les plus pauvres à devenir résilientes au changement climatique et à maximiser leurs réductions d’émissions.

Contexte

With just over three weeks until governments meet in Paris for the latest round of UN climate talks, new analysis from the UN Environment Programme shows that existing policies and the “historic level of commitment and engagement by member states” in submitting pledges ahead of the Paris climate meeting will reduce emissions significantly by 2030. It warns, however, that a new climate agreement will need to encourage further action to limit global temperature rise below the internationally agreed danger threshold of 2DegC. The Emissions Gap Report analyses the impact of current climate policies and the first round of national climate pledges. The report found that existing policies will already reduce emissions by 5Gt of carbon dioxide equivalent by 2030 compared to current projections, while national submissions ahead of the UN climate talks will save another 4-6Gt. But while this represent a “real increase in ambition levels” they are still “not sufficient to limit global temperature rise” below 2DegC and that another 12Gt of saving will be needed by 2030 to ensure this limit is met.

The latest analysis echoes that of the UNFCCC Secretariat last week, which also showed current pledges – or Intended Nationally Determined Contributions – could bring global average emissions per capita down by as much as 8 per cent in 2025 and 9 per cent in by 2030. Describing them as a “down-payment on a new era of climate ambition”, the UNFCCC said the plans are expected to slow global emissions growth by approximately a third between 2010 and 2030 compared to the period 1990 to 2010, delivering emission reductions of around 4Gt by 2030 compared to pre-INDC scenarios, according to the analysis. Such reductions would help to flatten the warming curve to 2.7DegC, according to analysis from the Climate Action Tracker, delivering almost a full degree (0.9DegC) of avoided temperature rise compared to current projections. Still more ambition is needed if we are to bring temperatures down to the agreed 2DegC limit.

On top of this a host of research has shown the transformative power of the current pledges, which will bring multiple benefits for communities. Research from the New Climate Institute shows that while different countries will tap into varying levels of benefits, globally these pledges could result in hundreds of thousands of premature deaths prevented, millions of jobs created and billions of dollars saved in fossil fuel imports. A report from the MILES project Consortium, showed that INDCs submitted to date will serve as an entry point for a huge expansion in clean energy globally over the next 15 years and make renewables the dominant source of electricity by 2030. These pledges will drive further cost reductions, technological breakthroughs, improved manufacturing capacity, learnings for policy formation and reduced investment risk in the renewable energy sector, according to the analysis. Meanwhile new analysis from the World Resource Institute, finds the new plans could spur renewable energy supplies in eight major economies to double collectively by 2030. These renewable energy levels will be 18 per cent higher in 2030 than previously projected growth rates, according to the research.

But more climate action means more benefits and pressure is on governments to arrive in Paris ready to signal their intention to phase out fossil fuels by the middle of the century, and review and increase their pledges well ahead of 2020, and every five years after that. By bolting on these features, research shows they could make another stride towards keeping global warming within the internationally agreed 2DegC limit, or even the 1.5DegC threshold the most vulnerable nations are demanding. Such moves would also make the shift to clean energy unstoppable, dragging along even those economies currently fighting against the tide, while resulting in million more jobs, billions more in cost savings and millions more deaths prevented.

With the vast majority of climate pledges now on the table, a review of INDCs shows vulnerable countries are currently out-performing many of the world’s largest emitters on ambition, many offering to go even further with international support. With these countries ready and willing to lead the transition to clean energy, governments will also need arrive in Paris ready to scale up the finance needed to enable these poorer countries to maximise their emissions reductions and increase their resilience to climate risks, and ensure all countries grasp the full potential of the transition to a 100% renewable future so that no one is left behind.   

Documentation

Presse

Media

Rapports et liens utiles

Citations

«  Les engagements actuels, combinés avec les mesures prises ces dernières années, représentent une hausse réelle de l’ambition et un niveau d’engagement historique des Etats pour s’attaquer à cet immense défi mondial. Pour autant, ils ne suffisent pas à limiter la hausse globale des températures aux 2°C recommandés, et donc à prévenir les pires impacts du changement climatique” Achim Steiner, directeur général du PNUE

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