Le G20 rate une occasion unique d’afficher son ambition sur le climat

Introduction

Moins de deux semaines avant la COP21, les dirigeants du G20, réunis en Turquie cette semaine, ont raté une occasion majeure de prendre une position audacieuse sur le climat. Alors qu’ils étaient rassemblés sous le choc des attentats terroristes qui ont frappé Paris vendredi, le sujet de la sécurité dominant de façon légitime le sommet, sur le changement climatique ils ont échoué à nourrir la dynamique vers un accord universel significatif  en décembre. En amont du sommet, des centaines de milliers de personnes se sont unies pour appeler les gouvernement à réhausser leurs promesses d’éliminer les subventions aux énergies fossiles et de soutenir les appels de plus en plus nombreux pour un avenir libéré des énergies fossiles et alimenté à 100% aux énergies renouvelables. Pourtant, la déclaration finale du G20 se contente de rappeler de vagues engagements sur les subventions sans mentionner la finance climat ni un objectif de long terme pour une décarbonation de l’économie mondiale. Ce faisant, les dirigeants du G20 se mettent en porte-à-faux par rapport aux initiatives des citoyens, des villes et des entreprises en faveur d’une transition énergétique plus ambitieuse. Alors que les yeux sont maintenant tournés vers Malte et le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, dernière étape avant la COP21, puis vers Paris, des pays en développement ayant une vision à long terme et des populations du monde entier se battront pour s’assurer que leurs voix soient entendues dans les prochains jours afin de faire repartir cette dynamique rapidement.

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Points clés

  • Les dirigeants du G20 ont raté l’occasion d’envoyer au monde un signal fort sur le climat. En fixant une date à la fin des subventions aux énergies fossiles, et en s’accordant sur la nécessité de cesser le financement des projets d’énergies fossiles dans le monde entier, les dirigeants réunis à Antalya auraient pu donner un signal clair et puissant en amont des négociations de Paris. Au lieu de ça,  ils se sont contentés de réaffirmer leurs positions, avec un communiqué qui ne mentionne pas les éléménts clés comme la finance climat et un objectif de long terme  favorisant la transition vers un avenir 100% renouvelable.
  • Tous les yeux sont tournés vers Paris et au-delà. Alors qu’un petit nombre de pays est parvenu à bloquer le progrès au G20, l’attention va maintenant de porter vers le sommet des dirigeants du Commonwealth à Malte, et vers la COP21 à Paris, où les dirigeants sont sous pression pour s’engager dans un accord climatique significatif qui élève l’action au fil du temps en ligne avec la décarbonation totale de l’économie mondiale, propose un paquet robuste pour l’adaptation et fournisse la finance nécessaire pour que cela se concrétise. Ceux qui ne soutiendraient pas un tel accord se trouveront du mauvais côté de l’histoire.

Contexte

Civil society groups are, today, expressing their disappointment at G20 leaders for missing a major opportunity to take a bold stand on climate change when they met in Turkey this week. In the wake of the devastating terror attacks in the French capital last Friday, security and extremism understandably dominated the two-day summit. But while Heads of State showed strength and solidarity over the events in Paris, along with a number of issues including the current migrant crisis, on climate change they fell short of building greater momentum towards agreeing a meaningful global agreement at the end of the year.

 

Despite growing calls for G20 leaders to lead the way in ending perverse subsidies for dirty energy, and with over 500,000 people joining the call for strong climate action, the Heads of State failed to put a date on the end of fossil fuel subsidies, or to agree to stop funding dirty energy projects around the world, and instead choose to rehash previous positions, and offer weak reaffirmations of their commitment to a 2DegC limit to global warming and to phase out “inefficient” fossil fuel subsidies. Research last week showed that G20 governments pump $452 billion per year in production subsidies alone – four times more than global renewables subsidies.

Meanwhile, with a minority of countries blocking progress, the communique failed to even mention key elements of the Paris climate agreement, including climate finance, a mechanism to ramp up climate ambition regularly overtime and a long-term decarbonisation goal which would help push forward the transition to a 100 per cent renewable energy future. Also kicked to next year was a proposal by the Financial Stability Board for a climate risk disclosure task force, with the communique requesting “the FSB continue to engage with  public- and private- sector participants on how the financial sector can take account of climate change risks.”

With citizens, local and national governments, institutions and businesses around the world already taking steps to rid themselves of the financial burden of risky fossil fuels and leading the way in the shift out of dirty energy and towards a 100 per cent renewable future, G20 leaders are showing themselves to woefully at odds with the global opinion.

With the French government and civil society both reiterating their intention to press ahead with their plans for a UN climate conference in the wake of last week’s attacks, all attention has now shifted to the French capital. With the whole world watching, the pressure is now on leaders to rapidly re-boost momentum towards signing a meaningful, global climate agreement which includes a mechanism to regularly review and scale up ambition every five years in line with a long-term goal of the complete decarbonisation of the global economy, a strong package to help countries adapt to and cope with the level of climate change already unavoidable and a commitment to providing the necessary finance to ensure the climate agreement becomes a reality.

Documentation

Presse

Rapports et liens utiles

G20 et subventions

Media

Citations

  • Les dirigeants du G20 ont laissé passer la chance de montrer à la communauté mondiale qu’ils étaient unis pour faire face aux enjeux climatiques– Wendel Trio, directeur de Climate action Network Europe
  • « Le G20 a manqué une occasion sans précédent d’accélérer l’action face au changement climatique, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des négociations de l’Onu. Les chefs d’État des principales économies de la planète refusent de voir la réalité en face : tant que ces pays continueront à injecter des centaines de milliards de d’euros dans les causes du changement climatique, sous la forme de subventions publiques aux combustibles fossiles, il nous sera très difficile de construire le monde solidaire, au climat stabilisé et à l’énergie 100% renouvelable, dont nous avons urgemment besoin. » – Célia Gautier, responsable des politiques européennes au Réseau Action Climat France
  • “Marqué par les suites des terribles attentats, le sommet du G20 n’aura pas réussi à progresser sur le climat. Aucune avancée clé, pour un accord ambitieux à Paris, n’est enregistrée dans la déclaration commune rendue publique cet après-midi. Le G20 s’est satisfait de la soumission des contributions nationales de 160 pays, dont celles de tous ses membres (74% des émissions mondiales) qui sont prêts à mettre les leurs en place. Pourtant, bien que ces contributions soient notoirement insuffisantes pour limiter le réchauffement à 2°C, le G20 ne dit pas un mot de la nécessité d’en relever l’ambition avant 2020 et de mettre en place une révision tous les 5 ans. De plus, si les pays du G20 réaffirment pour la forme leur volonté de réduire à moyen terme les subventions aux énergies fossiles (450 Mds/an à ce jour), ils ne donnent aucun calendrier ou mesure pour y arriver. Enfin aucune mention n’est faite ni de l’importance de donner un prix au carbone pour atteindre les objectifs climatiques ni de la question cruciale des financements climat.” – Fondation Nicolas Hulot

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