L’Agence internationale de l’énergie prévoit un avenir renouvelable mais pas encore aux 2°C

Introduction

Les contributions nationales qui ont été déposées  en amont  de la COP21 montrent clairement que la transition énergétique est en marche, les énergies renouvelables représentant un quart du mix énergétique en 2040 selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Dans son dernier World Energy Outlook rendu public aujourd’hui, l’AIE montre que sous l’effet des engagements pris par les Etats, l’électricité produite par les renouvelables augmentera de  8,300 TWh d’ici  2040, soit l’équivalent de la production fossile cumulée de la Chine, les Etats-Unis et l’Union européenne. A mesure du développement des renouvelables qui devraient le supplanter en devenant la première source d’électricité dès le début de la décennie 2030 avec 25% de la production, le charbon, la source d’énergie la plus polluante, continuera à décliner  selon le rapport. Mais avec une demande globale en énergie qui devrait augmenter d’un tiers d’ici à 2040, l’AIE met en garde : la planète reste sur une trajectoire supérieure au plafond de 2°C, la hausse maximale qui fait consensus au sein de la communauté internationale. Cette mise en garde fait écho à des appels de plus en plus pressants pour un mécanisme destiné à garantir des engagements de plus en plus ambitieux au fil du temps et appelle les dirigeants mondiaux qui se réuniront à Paris à fixer une direction claire pour une transformation accélérée du secteur énergétique mondial.

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Points clés

  • Les contributions climat déposées en amont de la COP21 modifient la trajectoire grâce au choix des énergies renouvelables. De premiers signes de découplage entre les émissions de CO2 et l’activité économique avaient été observés en 2014 et, bien que la consommation d’énergie devrait s’accroître d’un tiers d’ici 2040, les contributions nationales qui ont été déposées contribueront à augmenter encore la part des renouvelables dans le mix énergétique de 19% aujourd’hui à 25% à l’horizon 2040. 60% de chaque dollar investi dans de nouvelles capacités de production d’ici à 2040 le sera sur les énergies renouvelables qui deviennent de plus en plus abordables.  
  • A mesure que les énergies propres supplantent le charbon, le déclin des énergies polluantes est appelé à se poursuivre. La demande en charbon n’a pas été à la hauteur des attentes du secteur, et une nouvelle étude de Greenpeace montre que son usage global a diminué de 2,3 à 4,6 % dans les neuf premiers mois de 2015, sous l’effet des ralentissements en Chine et aux Etats-Unis. Et cette tendance devrait se poursuivre, l’AIE anticipant une baisse de la consommation de charbon de 41% à 30% en 2040. Si les pays en développement devraient poursuivre leur demande en charbon d’ici à 2040, sa part dans la consommation globale baissera à 10%, contre 45% ces 10 dernières années.
  • L’AIE fait écho aux appels pour un accord climatique robuste révisé à la hausse au fil du temps. « La trajectoire  change », affirme l’AIE, mais la destination n’est toujours pas le plafond de 2°C”. Pour maintenir la hausse de la température globale au-dessous du plafond décidé par la communauté internationale, l’accord de Paris devrait inclure un mécanisme destiné à “garantir des engagements de plus en plus ambitieux au fil du temps”. Un tel accord, révisant les ambitions à la hausse en ligne avec une sortie des énergies fossiles favoriserait une transformation plus en profondeur de la production mondiale d’énergie, et des bénéfices substantiels pour les citoyens et les économies.

Contexte

In its latest World Energy Outlook, the International Energy Agency shows that in advance of the UN climate summit in Paris this December, there are clear signs that an energy transition is underway. The report shows that renewables contributed almost half of the world’ new power generation capacity in 2014, becoming the second-largest source of electricity after coal. And while, global needs for energy continue to rise – expected to grow by one-third by 2040 – 2014 revealed a “tantalizing hint… of a decoupling… between CO2 emissions and economic activity, until now a very predictable link”.

And while the IEA says “the direction of travel is changing” in the global energy sector, it echoes a host of other reports in recent weeks, that warn “the destination is still not 2DegC”, and warns that to limit global warming below this internationally agreed threshold, more ambition will be needed throughout the Paris process, most importantly a mechanism to ensure “progressively stronger climate commitments over time.” This latest warning follows reports from the UNFCCC and the UN Environment Programme which both show the same, and a host of analysis which shows that while the current country pledges on the table will help transform the energy sector and bring a host of benefits including lives saved, jobs created and costs saved, even more ambition would mean even more benefits.

The IEA says the current pledges will push the share of renewables in the global energy mix to 25 per cent in 2040, from 19 per cent today. 60 cents of every dollar invested in new power plants between now and 2040 will be spent on renewables. The amount of electricity generated by renewables will increase by 8,300 TWh by 2040, equivalent to the output of all of today’s fossil-fuel generation plants in China, the United States and the European Union combined.

Meanwhile, oil and gas will gradually become more expensive to extract, while renewables become progressively cheaper, the IEA predicts. Through to 2040 electricity will actually become more affordable relative to GDP in most regions. And while renewables role in the energy mix increased, coal’s share of the energy mix is expected to fall. China is no longer a safe bet market for coal producers, the IEA warns. It projects coal consumption will fall 40 per cent in the OECD by 2040, and the global share of coal in the electricity mix will fall from 41 per cent to 30 per cent. But there will be strong demand for coal in developing countries, particularly India. By 2040, Asia is projected to account for four out of every five tonnes of coal consumed globally. Coal met 45 per cent of the increase in global energy demand over the last decade, but will provide only around 10 per cent of further growth to 2040, the IEA says.

India and China’s role in the future energy mix will be significant. India will see huge growth in energy use with the power sector needing to nearly quadruple in size to keep up with projected demand. Coal will grow to almost half of India’s energy mix by 2040 – the largest source of growth in global coal use. Meanwhile, China will be the world’s largest producer and consumer of coal through to 2040, will install the most renewables, will overtake the US as a consumer of oil by the 2030s and will have a larger gas market than the EU. In 2040, China’s total energy demand will be double that of the US. But the IEA see “…a flattening and then a peak in China’s CO2 emissions around 2030” as China enters a “much less energy-intensive phase in its development”.

Documentation

Presse

Media

Rapports et liens utiles

Citations

  • “Les dirigeants réunis à Paris doivent fixer un cap clair pour accélérer la transformation du système énergétique mondial.” Fatih Birol, directeur de l’AIE
  • “Ces tendances montrent que le soi-disant boom du charbon des 10 premiers années de la décennie était un mirage.” – Lauri Myllyvirta, en charge des campagnes énergie et charbon pour Greenpeace
  • “L’impossible devient possible. La percée mondiale des renouvelables s’est produite beaucoup plus rapidement qu’attendu. L’AIE rattrape son retard sur les renouvelables mais ne parvient toujours pas à mesurer l’ampleur du changement possible. Nous pensons que des politiques appropriées permettraient au monde de produire une énergie 100% renouvelable pour tous à l’horizon 2050.” – Emily Rochon, en charge de la stratégie énergétique pour  Greenpeace International

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