COP21 : la balle est dans le camp des décideurs

Introduction

Les négociateurs internationaux représentant 195 pays et l’Union européenne se sont réunis du 19 au 23 octobre à Bonn, en Allemagne, sous l’égide des Nations Unies afin de préparer la version finale du projet d’accord qui servira de base pour la conférence climat, qui doit déboucher en décembre sur un accord mondial et ambitieux à Paris. Au terme de ces quatre jours, qualifiés de dernière ligne droite, les négociateurs ont accouché d’un texte “plus long mais plus équilibré”, selon le président de la Cop21 Laurent Fabius. Le texte, passé de 34 à 55 pages, a toutefois été critiqué lors de la dernière séance plénière pour son manque de lisibilité. La balle est désormais dans le camp des dirigeants politiques, attendus à Paris du 8 au 10 novembre à Paris pour la Pré-COP, une consultation informelle destinée à surmonter les dernières oppositions alors qu’il reste peu de temps. Les négociations buttent principalement sur le financement pour lutter contre le réchauffement climatique, alors que les pays en développement réclament l’aide du Nord, une question de vie ou de mort pour certains.

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Points clés

  • Les pays développés doivent s’engager pour garantir un monde meilleur. En effet, le passage à une économie décarbonée est le seul moyen de limiter le réchauffement climatique et ainsi garantir la stabilité planétaire tout en apportant des bénéfices pour les peuples et la planète. Pour y parvenir, les pays émergents, réunis au sein du groupe G77, réclament une aide financière conséquente de la parts des pays riches, y compris après 2020. Des observateurs jugent également crucial le fait pour tous les pays de réviser à la hausse leurs engagements climatiques tous les cinq ans et d’établir un plan à long terme pour sortir complètement des énergies fossiles dans les décennies à venir. Un nouveau rapport de la Commission européenne montre que seuls ces engagements pourraient permettre de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C.
  • Les pays émergents devenus incontournables dans la lutte contre le changement climatique. Les pays émergents sont aujourd’hui à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique, en particuliers parce qu’ils sont aussi les plus touchés par ses conséquences dramatiques, avec le risque pour certains de disparaître sous les eaux. Depuis la conférence de Copenhague en 2009, le G77 est devenu un acteur incontournable des négociations climatiques. Il représente 80 % de la population mondiale et compte dans ses rangs des poids lourds de l’économie comme le Brésil, la Chine ou l’Inde. Et ces trois pays ont démontré une vraie volonté de s’engager en remettant à l’Onu des engagements climatiques (INDC) sérieux et ambitieux. Ils peuvent et doivent faire pression sur les pays développés pour changer la donne climatique.
  • Un momentum politique émerge. En dépit des oppositions constatées lors des négociations à Bonn, les gouvernements du monde entier ont démontré une vraie volonté d’obtenir un accord ambitieux en décembre à Paris. Le premier jour des négociations, une large coalition de chefs d’États et d’institutions internationales a d’ailleurs lancé un appel pour mettre un prix aux émissions de carbone afin d’orienter l’économie mondiale vers un avenir bas carbone, productif et compétitif. Cet appel, lancé à l’initiative du président de la Banque mondiale Jim Yong Kim et de la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde est inédit par sa portée – 73 pays, 11 juridictions sous nationales,… – et démontre une véritable prise de conscience politique à l’international.

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Négociations
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Laurent Fabius
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CITATIONS

  • “C’est cette fois-ci, à Paris, qu’il faut un accord. C’est vital. Plus tard ce sera trop tard” –  Laurent Fabius, président de la Cop21

  • “Pour parvenir à un nouvel accord à Paris, il faudra trouver un esprit de consensus. Mais aucun compromis ne sera possible sur le niveau d’ambition nécessaire pour faire face à la crise climatique. Les décideurs doivent donner la priorité à un plan capable de rattraper le retard pris dans l’action et revoir régulièrement à la hausse l’ambition climatique. Car si nous allons au-delà de 1,5°C d’augmentation de la température moyenne mondiale, les vies de millions de personnes et des écosystèmes seront affectées” – Tasneem Essop, cheffe de la délégation du WWF sur les négociations climatiques

  • “C’est clair que tous les pays veulent un nouvel accord sur le climat mais la grande question est comment nous y parviendrons. Le nouveau projet d’accord que nous avons obtenu est raisonnable mais il n’y a pas assez de progrès sur les questions clés comme la finance. Les pays doivent travailler ensemble pour surmonter les désaccords et faire preuve de plus d’ambition pour limiter le réchauffement climatique sous la barre de 1,5°C” – Kit Vaughan, directeur du réseau changement climatique, pauvreté et environnement de  CARE International

  • “Tout le monde veut abattre ses cartes à la dernière minute, mais tout le monde ne peut pas avoir l’as de pique. Cette négociation est trop importante pour être transformée en jeu de poker. Les pays doivent jouer en équipe” – Martin Kaiser, représentant de Greenpeace Allemagne

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