Bonne nouvelle pour le climat, le G7 siffle la fin de la partie pour les énergies fossiles

Introduction

Hier, les pays du G7 ont adressé un signal clair indiquant que le monde s’éloigne des énergies fossiles pour se tourner vers les renouvelables. L’annonce qu’ils ont faite en clotûre du sommet du G7 qui se tenait en Bavière sous présidence allemande a été saluée à la fois par les écologistes, les investisseurs et les entreprises, comme une tentative positive de modifier les  modèles de politiques climatiques  à quelques mois de la COP21 de décembre à Paris. Les ONG environnementales ont vu dans cet engagement un signe supplémentaire de la fin prochaine des énergies fossiles, et les entreprises y trouvent le signal qu’elles attendaient pour mettre en oeuvre leur politique climat. Les chefs d’Etats du G7 ont appelé à la décabonisation totale de l’économie d’ici à la fin du siècle ; ils se sont engagés à une réduction globale des émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici à 2050, et à une décarbonisation de leur propre mix énergétique d’ici là moitié du siècle. Cette annonce indique clairement que les principales économies de la planète ne voient aucun avenir dans les énergies fossiles et remettent en cause tout nouvel investissement notamment dans le charbon. Les gouvernements se sont aussi engagés à protéger et assurer les plus pauvres et les plus vulnérables contre les impacts négatifs inévitables du changement climatique et à accélérer l’accès aux énergies renouvelables en Afrique. Ils ont par ailleurs réaffirmé leur engagement à transférer aux pays les plus pauvres 100 Mds$ par an à partir de 2020 afin de les aider à opérer cette transition des énergies fossiles vers les renouvelables. Cette annonce fixe le cap et accentue la pression sur les chefs d’Etats du G7 pour transformer ces déclarations en actions concrètes, en alignant leurs décisions de court terme sur les objectifs de long terme. Les ONG soulignent que les objectifs affichés n’ont aucun sens sans une révision à la hausse des engagements nationaux de chacun d’entre eux. Les pays du G7 sont donc mis au défi de mettre leurs actions en accord avec leurs annonces d’ici à la COP21, en sortant dès que possible des énergies fossiles pour investir dans les renouvelables et l’efficacité énergétique, relayant ainsi la dynamique insufflée dans le monde entier par les citoyens, les entreprises, les investisseurs et les scientifiques. Les régions et les collectivités territoriales montrent déjà la voie. Comme l’indiquent les résultats d’un sondage réalisé par la Confédération syndicale internationale, 9 personnes sur 10 attendent de leurs élus qu’ils en fassent plus pour prévenir les effets négatifs du changement climatique. Tous les yeux sont maintenant rivés sur les gouvernements des plus grandes économies de la planète, qui doivent se montrer à la hauteur de l’engagement pris hier et mener les négociations en cours à Bonn vers un résultat positif, devant servir de base à un accord global fort sur le climat en décembre à Paris.

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A faire

Points clés

  • Les chefs d’Etat du G7 ont envoyé un signal clair indiquant que le monde s’éloigne des énergies fossiles pour se tourner vers un avenir alimenté par des énergies renouvelables. Les principales éconmies ont appelé à une décarbonisation globale d’ici à la fin du siècle au plus tard. Ils se sont aussi engagés à un objectif de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici à 2050, et à transformer leurs propres mix énergétiques. L’annonce a été saluée aussi bien par les écologistes, les entreprises et les investisseurs comme un signal clair annonçant la fin de l’ère des énergies fossiles, mais la pression demeure sur les pays du G7 pour qu’ils se montrent à la hauteur de l’engagement en prenant des décisions nationales cohérentes avec l’élimination des énergies fossiles d’ici à 2050.
  • Tout en s’engageant à agir dans leurs propres pays, les dirigeants du G7 ont aussi exprimé leur solidarité et leur soutien aux pays en développement dans leur lutte contre le changement climatique. Dans leur communiqué, ils se sont engagés à protéger et assurer les plus pauvres et les plus vulnérables contre les effets de ce changement, à accélerer l’accès aux renouvelables en Afrique, et à accentuer leurs efforts pour réunir au moins 100 Mds$ d’ici à 2020. Si cette annonce montre qu’ils prennent au sérieux les effets du changement climatique sur les plus vulnérables, l’engagement en matière de finance climat reste purement verbal. Il faudra voir si les autres dirigeants suivent l’exemple d’Angela Merkel, qui s’est engagée a doubler sa participation, pour proposer collectivement une voie permettant d’atteindre les 100 Mds$ annuels promis.
  • Le G7 a fait une déclaration d’intention politique claire en amont de Paris. En s’engageant à décarboner leurs propres économies et à soutenir les pays vulnérables pour combattre le changement climatique, les pays les plus riches ont démontré leur volonté d’aboutir à un accord ambitieux en décembre à Paris. Le communiqué d’hier apporte un soutien supplémentaire en faveur d’un accord universel et contraignant, assorti de révisions régulières des objectifs à la hausse. De tels engagements sont de nature  à créer de la confiance entre les pays et à permettre de progresser sur ces sujets tout au long de l’année.
  • Le résultat positif du G7 montre que certains des chefs d’Etats des plus grandes économies ont compris l’urgence et sont prêts à prendre la tête de la lutte contre le changement climatique. Surnommée à une époque la “chancellière du climat” et personnellement impliquée dans la rédaction du protocole de Kyoto en 1997, Angela Merkel a capitalisé sur ce sommet pour reverdir son image. En promouvant des objectifs ambitieux en matière de décabonisation et de finance climat, elle a réussi à rassembler les pays du G7 autour d’une déclaration forte qui accroît les chances d’un accord global à Paris en décembre. Les ONG en appellent à elle pour capitaliser sur cette énergie et cette confiance retrouvées, afin de garantir des restrictions nationales sur le charbon dans son propre pays, permettant à l’Allemagne d’atteindre ses propres objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.
  • Le Canada et le Japon doivent réviser et aligner leurs objectifs nationaux avec les engagements qu’ils ont approuvés lors du G7. Ces mauvais élèves en matière de climat ont présenté lors du G7 des objectifs nationaux particulièrement dépourvus d’ambition en amont de la COP21. Mais ils n’ont pas pu résister à ceux de leurs pairs prêts à mener la charge contre le changement climatique, tels que l’Allemagne, les Etats-Unis et la France, et à s’opposer à la vague contre les énergies fossiles. Il apparaît de plus en plus évident que les gouvernements qui maintiennent leur économie dans l’addiction à ces énergies sales se retrouvent politiquement isolées et exposées à des risques économiques majeurs.
  • Le résultat remarquable du G7 montre que la transition des énergies sales vers les énergies vertes ne fait plus débat, mais qu’elle apparaît désormais comme inévitable et bénéfique et s’accélère. Cela résulte aussi d’une pression publique croissante sur les gouvernements, et les annonces d’hier font suite à de nombreux appels de la part des entreprises, des investisseurs et des scientifiques du monde entier pour une action climatique forte impliquant une élimination complète des énergies fossiles. Les régions et les collectivités territoriales montrent déjà la voie. Comme l’indiquent les résultats d’un sondage réalisé par la Confédération syndicale internationale, 9 personnes sur 10 attendent de leurs élus qu’ils en fassent plus pour prévenir les effets négatifs du changement climatique. Tout indique que les dirigeants du G7 prêtent l’oreille aux citoyens de leurs Etats.

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Citations clefs

  • “Les dirigeants du G7 ont annoncé aux entreprises et aux investisseurs que la décarbonisation de l’économie mondiale se produirait d’ici à la fin du siècle. C’est le signal dont nous avons un besoin urgent pour nous aider dans notre action en faveur du climat. Nous nous engageons à travailler avec les gouvernements des pays du G7 pour construire une économie mondiale bas-carbone et résiliente en élargissant  notre action. De leur côté, les gouvernements doivent aboutir à un accord climatique global en décembre à Paris pour amplifier cette transformation. Comme nous l’avons rappelé dans notre lettre aux dirigeants du G7, nous savons que dans les 15 prochaines années, plus de 90 Mds$ seront investis dans des infrastructures. Un objectif clair de long terme pour une décarbonisation et l’arrêt des émissions bien avant la fin du siècle permettra d’opérer une transition vers des investissements bas-carbone et d’éviter des risques climatiques ingérables.” – Nigel Topping, PDG de We Mean Business.
  • « Les dirigeants du G7 ne précisent toujours pas comment ils vont honorer leur promesse de réunir 100 Mds$ par an d’ici à  2020. Ils ne sont pas parvenus à s’engager à plus de financement public, alors que c’est une condition sine qua non d’un succès à Paris en fin d’année. La promesse d’Angela Merkel de doubler la contribution de l’Allemagne indique le cap  aux autres dirigeants. A eux de suivre maintenant. Actuellement, les pays riches ne fournissent que 2% des montants nécessaires aux pays pauvres pour s’adapter au changement climatique.” – Tim Gore, responsable de la politique climat chez Oxfam.

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  • MT @RoyalSegolene Très bonne nouvelle pour l’accord G7 pour le Climat. Engagement des Chefs d’Etat qui va accélérer les négociations #COP21
  • MT @Elysee Climat : « l’objectif est de mobiliser 100 milliards de dollars à partir de 2020 pour la transition énergétique » @fhollande #G7