Les banques françaises reconnaissent la volatilité des investissements dans les combustibles fossiles

Introduction

Les banques françaises ont confirmé qu’elles ne financeraient pas neuf projets charbonniers controversés qui pourraient avoir de graves impacts sur la grande barrière de corail australienne. C’est la première fois que des banques s’engagent à ne pas financer de projets dans une région entière à cause des impacts environnementaux et climatiques, affirment les ONGs environnementales. Avec cette action, la Société Générale, BNP Paribas et le Crédit Agricole suivent les traces de la banque néérlandaie, HSBC, Citibank, Morgan Stanley et d’autres, qui ont déjà refusé de financer le projet du bassin Galilee dans le Queensland. Ce refus d’injecter encore plus d’argent dans les combustibles fossiles, de la part de sociétés autrefois très importantes dans le financement de projets miniers en Australie, démontre le désintérêt grandissant pour le charbon. Cet acte est aussi un avertissement aux 4 banques principales d’Australie, selon Greenpeace, qui soutient que le nombre d’investisseurs se détournant du projet augmente à vue d’oeil, aggravant le risque d’actifs échoués. Cependant, bien que l’action des banques ait été bien accueillie par les ONGs françaises, elles ont urgé les banques à adopter la prochaine mesure logique et cesser tout investissement dans le charbon. La science démontre que 88 pour cent des réserves mondiales de charbon doivent demeurer dans le sol pour maintenir le réchauffement global sous la barre des 2 degrés C. Avec Paris accueillant les négotiations de l’ONU sur le climat en décembre, une rupture de l’investissement des banques dans le charbon serait un geste serait logique aussi bien d’un point de vue environnemental qu’économique.

Points clés

  • Il est temps que l’industrie du charbon et le gouvernement australien facent face à la réalité et se préparent à un futur de déclin des combustibles fossiles. Les banques se dissocient de plus en plus des investissements dans le charbon, le marché international est en chute libre et, avec la Chine et l’Inde essayant de limiter leur importations et miser sur les énergies renouvelables, il est peu probable qu’un autre cycle d’expansion survienne dans cette industrie traditionnellement volatile.
  • Les scientifiques l’ont confirmé: L’Australie peut avoir soit une industrie charbonnière, soit la grande barrière de corail, mais pas les deux. Ni le gouvernement fédéral ni provincial ne semble le comprendre, mais la population si. Aux côtés de populations autochtones, comme les Wangan et Jagalingou, elle se bat pour stopper les projets miniers destructeurs. Une pétition pour la cause a jusqu’à maintenant récolté plus de 88 000 signatures.
  • L’industrie du charbon est au pied du mur, et elle injecte de l’argent dans des campagnes de relations publiques truquées en espérant futilement cacher la réalité. Le refus des banques européennes de soutenir des projets qui auraient des conséquences désastreuses sur la grande barrière de corail démontre à quel point ils sont inacceptables d’un point de vue environnemental, réputationnel et économique. Mais ce ne sont pas seulement les projets dans les sites de World Heritage qui doivent être freinés. Il est maintenant temps que les banques se rendent compte que l’heure est grave et qu’elles arrêtent tout investissement dans les projets charbonniers, affirme les Amis de la Terre.

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Citations clefs

  • « Avec l’approche de la COP, explique Lucie Pinson, les principales banques à l’international se sentent poussées à faire des annonces en matière climatique. L’enjeu est d’éviter des mesures cosmétiques qui n’inverseront pas la hausse de leurs financements dans le secteur du charbon. Et, plus nous ferons pression, plus loin elles seront forcées à aller loin dans leurs engagements. » – Lucie Pinson, Amis de la Terre
  • « [Financer de tels projets miniers] peut faire très mal à une grande banque, surtout en France, qui accueillera la Conférence des parties des Nations unies sur les changements climatiques [COP 21] en décembre 2015 » – Yann Louvel, coordinateur de la campagne climat et énergie de l’ONG internationale BankTrack
  • « C’est la première fois que les banques s’engagent à ne pas financer les projets de toute une région en raison de leurs impacts environnementaux et climatiques. Cependant, la bataille pour le climat ne s’arrête pas là et leurs engagements sont loin de suffire à inverser la hausse de 218 % des financements des banques françaises au secteur du charbon entre 2005 et 2013. » –  Lucie Pinson, Amis de la terre
  • « Après étude attentive du dossier, les risques nous ont semblé effectivement trop importants. Ce n’était pas une décision facile à prendre.Nous sommes présents en Australie et certains de nos clients sont parties prenantes de ce projet qui est lié au modèle économique de l’Australie largement basé sur l’extraction. Nous les avons informés de notre décision. Ne pas contribuer à un projet de cette nature ne nous conduit pas à remettre en cause toute l’économie d’un pays. C’est pourtant ce que souhaiteraient les ONG environnementales. »  –  Laurence Pessez, directrice de la RSE du groupe BNP Paribas
  • « Afin de protéger le récif et les 69 000 emplois qu’il génère, le gouvernement australien doit légiférer et interdire le dépôt des boues de dragage sur la totalité du site de la Grande Barrière de corail. » – Dermot O’Gorman, directeur du WWF Australie

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  • MT @Transnationales Victoire pour le #climat et la Grande barrière de corail: les #banques françaises renoncent au #charbon australien