Les négociations de Genève sur le climat se concluent avec l’ébauche d’un accord international

Introduction

Alors que le sommet des Nations Unies sur le climat touche à sa fin, les gouvernements se sont mis d’accord sur une nouvelle ébauche d’un accord sur le climat qui devra être finalisé à Paris en décembre prochain. Selon plusieurs témoins, la rencontre de Genève a marqué un changement drastique d’approche, alors qu’une démarche ouverte et consultative a été adoptée, ce qui a remonté le moral des participants encore éprouvés par des négociations difficiles l’année dernière. Un plan pour éliminer complètement les énergies fossiles figure maintenant au premier plan de l’accord, grâce à des pays qui sont de plus en plus nombreux à soutenir cet objectif. L’ébauche de l’accord inclut également d’importantes mentions des impacts positifs sur la santé d’une action climatique, des implications du réchauffement climatique sur les droits humains, de la justice intergénérationnelle et des possibilités d’accroître la résilience des pays en voie de développement face aux conditions climatiques extrêmes. Le prochain défi consistera à rationaliser le document de 86 pages et, bien que les gouvernements aient déjà convenu d’un processus pour ce faire à Genève, la plus grosse partie du travail devra être faite lors de la prochaine réunion. Lors des prochaines négociations à Bonn, en juin, plusieurs questions ardues sont attendues, telles que le financement de la lutte contre les changements climatiques et l’équité en matière d’effort mondial pour accélérer la transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables. Étant donné que l’accord de Paris ne prendra pas effet avant 2020, des groupes de la société civile ont aussi profité de la rencontre à Genève pour pousser les gouvernements à agir à court terme et utiliser cette décennie pour redoubler d’efforts en vue de l’objectif à long terme d’éradiquer les émissions de combustibles fossiles.

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Points clés

  • Dans l’esprit du sommet de Genève, tous les gouvernements membres doivent maintenant soumettre dans les prochains mois leur plan d’action national en vue de la rencontre à Paris.  Ces engagements marqueront les premiers efforts collectifs vers une transition des énergies fossiles aux énergies renouvelables. On attend aussi des pays développés que leurs plans d’action contribuent à rendre la lutte contre les changements climatiques plus juste, en incluant du soutien aux pays en voie de développement pour faire la transition dans leurs choix énergétiques et accroître leur résilience face aux dangers et aux dommages causés par le réchauffement climatique. Les observateurs voient les aboutissements de Genève comme une base solide pour ce qui promet d’être un succès à Paris, alors que les plans d’actions nationaux deviendront la fondation d’un accord mondial ambitieux.
  • De plus en plus de personnes attendent de leurs gouvernements qu’ils rendent leurs communautés résistantes aux impacts du changement climatique et qu’ils accélèrent la transition vers les énergies renouvelables.  Des communautés locales, des chefs d’entreprise, des groupes religieux, des grands investisseurs et des scientifiques reconnus poussent la communauté internationale vers cette transition car ils savent que celle-ci peut améliorer la santé publique, créer de nouveaux et de meilleurs emplois et augmenter la prospérité. Alors que la rencontre de Genève s’est cloturée le jour de la première Journée mondiale de désinvestissement, il apparaît clair que le vent est déjà en train de tourner et que des millions de dollars passent déjà des énergies fossiles aux énergies vertes, mettant le lobby des énergies fossiles sur la défensive et suscitant des réactions nerveuses et des appels désespérés à un prolongement du permis social d’opérer.

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Rapports et liens utiles

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Citations clefs

  • « Le plus dur reste à faire d’ici à la COP21 : se mettre d’accord sur une vision commune qui programme la fin des énergies fossiles et accélère le développement des énergies renouvelables. Les contributions des pays à l’accord de Paris, qui seront annoncées entre mars et juin, devront répondre à cet impératif et suivre les dynamiques citoyennes qui se multiplient en ce sens ». – Célia Gautier, Réseau Action Climat
  • « Pour rester sous les deux degrés d’augmentation des températures, l’objectif global de long terme doit être d’atteindre 100% d’énergies renouvelables pour tous en 2050. Avant même les discussions internationales, chaque pays doit se mettre au travail, et François Hollande a rappelé que la France se devait d’être exemplaire. Résultat ? Le gouvernement risque d’avoir un bilan proche de zéro en termes de réalisations pour la transition énergétique, à moins de passer maintenant à l’action. Agir cela veut dire que d’ici mi 2016, ce sont au minimum 2 gigawatts d’éolien et autant de solaire qui devront être connectés au réseau si la France veut tenir ses engagements, de 23% de renouvelables en 2020 ». – Sébastien Blavier, Greenpeace France
  • « Pour tenir l’engagement des 2°C de réchauffement, les pays doivent parvenir à un pic des émissions d’ici la fin de la décennie en accélérant leurs efforts nationaux, sans attendre l’accord de Paris en 2020. Les pays doivent intégrer cette urgence dans leurs discussions vers Paris. Par exemple, la France doit acter la fin immédiate des soutiens publics au charbon, et donner des moyens supplémentaires aux énergies renouvelables. Elle gagnerait en crédibilité pour réussir à mobiliser tous les acteurs, au cœur d’un véritable agenda responsable des solutions à la COP21 ». – Pierre Cannet, WWF France
  • « La présidence française semble avoir intégré le besoin de crédibiliser politiquement l’engagement de mobiliser $100 milliards pris à Copenhague bien en amont de la COP21 en décembre. Dans ce contexte, La France doit prendre toute sa part dans l’effort nécessaire, notamment à travers l’adoption d’une Taxe sur les Transactions Financières européenne ambitieuse dont une partie significative des revenus serait allouée au climat, comme annoncé par le Président de la République au mois de janvier, ainsi qu’à la lutte contre les grandes pandémies ». – Romain Benicchio, Oxfam France

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  • RT @WWFFrance « Les questions difficiles n’ont pas encore été abordées » aux ​discussions sur le #climat à Genève #ADP2015