Les militants pressent les investisseurs d’abandonner les combustibles fossiles

Introduction

Au cours de centaines d’événements qui auront lieu dans plus de 48 pays et 6 continents ces 13 et 14 février prochains, des militants s’uniront pour envoyer un message clair : l’heure est venue de mettre fin à l’ère des combustibles fossiles. Lors de la journée internationale du désinvestissement, des particuliers et des groupes tiendront des « flash mobs », des veillées, des « sit-ins » et des rassemblements pour exiger que les investisseurs se dissocient de l’industrie des combustibles fossiles et protègent leur avenir des conséquences du réchauffement climatique et des risques associés aux investissements dans les énergies sales. Des citoyens tout autour du monde fermeront leurs comptes bancaires et leur fonds de pension dans les institutions qui investissent dans le désordre climatique, alors que les chefs de file dans la lutte contre les changements climatiques presseront leurs communautés de désinvestir. Les protestations marqueront l’incroyable croissance du mouvement de désinvestissement, qui a vu, en 2014, 180 institutions – avec des avoirs combinés de plus de $50 millions – désinvestir des énergies fossiles, citant comme raison les dangers liés au climat et au carbone. À ce jour, plus de 500 campagnes de désinvestissement sont en cours dans les universités, villes, églises, banques, fonds de pension et autres institutions afin de stopper l’investissement dans les énergies sales. Ensemble, ces campagnes remettent en question le permis social d’opérer de cette industrie polluante, prouvant que ses pratiques ne sont plus socialement ni moralement acceptées. En reprenant du pouvoir de ces compagnies, les citoyens réclament que leurs gouvernements adoptent une politique climatique audacieuse.

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RT @CCNUCC Mouvement de désinvestissement mondial contre les combustibles fossile: 13-14/02 @GoFossilFree http://bit.ly/16YNHeD

A faire

Points clés

 

  • Le mouvement de désinvestissement s’accélère. Ce qui avait commencé avec quelques universités américaines est devenu un mouvement ralliant plus de 500 universités, villes, banques, églises, fonds de pension et autres institutions autour du monde. À ce jour, 180 institutions, avec des avoirs combinés de plus de $50 millions, ont désinvesti. La semaine dernière, lors de l’annonce la plus médiatisée à ce jour, le Fonds souverain norvégien – le plus riche du monde – a déclaré avoir mis un terme à l’investissement dans 40 compagnies de charbon.
  • Les campagnes de désinvestissement lancent un appel à une action climatique audacieuse. Partout dans le monde, les gens prennent les rues d’assaut pour pousser les institutions et les gouvernements à s’attaquer à la crise climatique. Alors que les leaders mondiaux se préparent à signer un nouvel accord climatique à Paris en Décembre prochain, les campagnes de désinvestissement donnent aux citoyens un moyen de remettre en question le permis social d’opérer des compagnies impliquées dans les combustibles fossiles, de reprendre du pouvoir de l’industrie des énergies polluantes et d’exiger un leadership en matière de changements climatiques.
  • Profiter de l’exploitation de la planète est immoral et risqué. Désinvestir des combustibles fossiles est un acte astucieux. Les institutions choisissant de se dissocier des énergies polluantes tiennent compte des mises en garde des scientifiques et experts financiers qui avertissent que des réserves d’énergies fossiles doivent rester intactes afin d’éviter les pires conséquences du réchauffement climatique. Les investissements prolongés dans cette industrie mettent en péril les citoyens, la planète et les profits. La Journée mondiale du désinvestissement lance un message clair : l’ère des combustibles fossiles est révolue.

Contexte

Les 13 et 14 février, des organisations et des individus de 48 pays répartis sur 6 continents participeront à plus de 500 événements avec le même but en tête: demander aux investisseurs de se dissocier de l’industrie des combustibles fossiles et de protéger leur futur des impacts des changements climatiques et des risques associés à l’investissement de leurs épargnes dans les énergies fossiles.

Des citoyens fermeront leurs comptes bancaires et leurs fonds de pension dans les institutions qui investissent dans le désordre climatique, des étudiants universitaires tiendront des « flash-mobs », des veillées et des rassemblements demandant que leurs frais de scolarité soient investis dans le développement durable, les chefs de file dans la lutte contre les changements climatiques presseront leurs communautés de se dissocier des bouleversements climatiques, et, dans les capitales économiques, des citoyens se rallieront pour demander aux investisseurs de couper les ponts avec l’industrie des combustibles fossiles une fois pour toute.

La journée internationale du désinvestissement fait partie d’un mouvement qui prend de l’ampleur et qui a pour but d’attirer l’attention du secteur financier sur les risques associés aux investissements dans les énergies fossiles et d’amorcer la transition vers un monde plus vert et plus équitable. Il est maintenant largement reconnu qu’environ les trois quarts des réserves de combustibles fossiles connues doivent demeurer sous terre si nous voulons limiter la hausse des températures globales au seuil convenu de 2° C. Malgré tout, des recherches de la Carbon Tracker Initiative ont révélé qu’en 2013 seulement, $674 milliards étaient encore investis dans la recherche et l’exploitation de nouvelles réserves de combustibles fossiles. Ces dernières, ainsi que la majorité des réserves existantes, ne devraient pourtant pas être exploitées, ce qui risque de mener à une importante chute du marché boursier si les énergies polluantes venaient à être dévaluées. Le pourcentage moyen d’investissements d’un fonds de pension dans les secteurs à hautes émissions de carbone s’élève à 55%, ce qui rend toute personne en détenant un vulnérable à un krach du carbone.

En réaction à ceci, de plus en plus d’institutions choisissent de désinvestir de ces compagnies. En 2014, le mouvement mondial de désinvestissement des compagnies exploitant les énergies fossiles a doublé. Ce qui avait débuté avec quelques universités américaines est devenu un mouvement rassemblant des universités, des organisations religieuses, des organismes de charités et bien plus, avec des avoirs combinés de plus de $50 millions. Parmi ces institutions, on compte le Conseil œcuménique des Églises, l’Association médicale britannique, et l’Université Stanford, qui ont toutes entamé les démarches de désinvestissement l’année dernière.

D’autres succès à ce jour incluent le Conseil municipal de la ville de Providence aux États-Unis, qui a approuvé le désinvestissement des énergies fossiles, et l’Université d’État de San Francisco, qui a annoncé qu’elle suspendrait tout appui aux projets de charbon et de sables bitumineux. L’Église unie du Christ a elle aussi approuvé le désinvestissement des énergies fossiles, devenant le premier groupe national et religieux au pays a désinvestir de cette industrie. En Europe, le Fonds de pension norvégien Storebrand et la Banque néerlandaise Rabobank prennent également des mesures dans cette direction. Les Quakers en Grande-Bretagne ont eux aussi entamés des démarches pour désinvestir des compagnies impliquées dans l’extraction des combustibles fossiles.

À quelques jours du Sommet sur le Climat qui s’est tenu à New York en 2014,  l’annonce de désinvestissement de la Fondation Rockefeller, dirigée par la famille Rockefeller, qui a bati sa fortune grâce au pétrole, est devenue un des succès les plus médiatisés de la campagne. En Europe, l’Université de Glasgow s’est également jointe l’année dernière aux rangs des organisations ayant choisi de désinvestir, devenant la première d’Europe à le faire. En Australie, l’Université de Sydney a fait de même, devenant la première en Australie et réduisant l’empreinte carbone de ses investissements de 20%. La semaine dernière, le mouvement de désinvestissement a encore fait une belle avancée, alors que le Fonds souverain norvégien – le plus riche du monde – a annoncé le désinvestissement de 40 compagnies de charbon.

Il y a actuellement plus de 500 campagnes de désinvestissement en cours dans les universités, les villes, les églises, les banques, les fonds de pension et bien plus. Des personnalités influentes telles que l’Archevêque Desmond Tutu, le président de la Banque mondiale Jim Kim et la secretaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, se sont également fait porte-paroles du mouvement en appelant au désinvestissement de l’industrie des énergies fossiles. La campagne est au premier plan d’un mouvement mondial de citoyens prenant d’assaut les rues pour remettre en questions les institutions et les gouvernements et leur exiger une action climatique costaude.

Documentation

Événements dans votre région

Europe

  • En France, une nouvelle campagne de désinvestissement sera lancée.
  • Au Royaume-Uni, des centaines d’étudiants organiseront des “sit-ins” et des “flash mobs” sur les campus.
  • À Londres, l’hôtel de ville sera envahie par des centaines de manifestants réclamant que leur ville, un des plus importants centres financiers, montre l’exemple et désinvestisse des énergies fossiles.
  • À Londres encore, un rassemblement religieux se tiendra lors du synode général de l’Église d’Angleterre, demandant à l’église de désinvestir des énergie fossiles et soutenir les communautés autour du monde affectées par les changements climatiques.
  • Au Vatican, une marche nocturne lumineuse aura lieu afin de demander au Pape de mener le bal en ce qui a trait aux actions climatiques en désinvestissant des énergies fossiles.
  • Des centaines de personnes se réuniront aussi à Oslo devant le parlement pour exiger que le Fonds souverain se dissocie de toute compagnie impliquée dans l’industrie du charbon, du pétrole et du gaz naturel.
  • Un défilé à vélo réunissant des centaines de cyclistes à Amsterdam attirera également l’attention sur les investissements de la ville dans les énergies sales.
  • À Stockholm, une performance artistique devant l’hôtel de ville mettra en scène des combustibles fossiles ayant envahi le conseil de ville qui seront chassés par une foule de gens avant de se transformer en solutions aux changements climatiques.

Amérique du Nord

Au Canada, plus de 17 universités participeront à l’événements, avec des conférences, des manifestations, des discussions, des projections de films et même des concours de lettres d’amour sur le thème du désinvestissement organisés sur les campus à travers le pays. Les universités York et Ryerson lanceront également leur campagne de désinvestissement, alors que des professeurs et citoyens ontariens manifesteront pour le désinvestissement des énergies fossiles du Régime de retraite ontarien des enseignants et des enseignantes.

Média

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