COP20 – la volonté politique se concrétise timidement

Introduction

Après deux semaines de négociations, les 196 parties à la convention climat ont finalement remis le « brouillon » de l’accord qui sera convenu à Paris en fin 2015 — même s’il reste encore beaucoup à faire. L’accord signé à Lima signale l’importance d’accélérer la transition énergétique d’ici le milieu du siècle — une position soutenue par la communauté internationale. Toutefois, la volonté politique doit désormais se traduire en actions concrètes. Tous les pays, soit grand ou petit, se sont engagés à livrer un plan de réduction des gaz à effet de serre (GES) à travers leurs contributions nationales (INDCs) afin que le monde puisse maintenir le réchauffement climatique en dessous du seuil convenu de 2 degrés Celsius, mais aucune structure de suivi particulière n’est prévue. D’ici l’an prochain, les gouvernements doivent décidément accomplir beaucoup, notamment des pays comme l’Australie, vainqueur du titre « Fossil of the Year ». Les négociateurs ont pu offrir leur soutien aux pays qui souffrent des impacts les plus durs liés au changement climatique, surtout à la suite du typhon des Philippines. De façon générale, les gouvernements ont manqué l’occasion d’adopter une position encore plus forte à Lima, et d’ici l’an prochain, ils devront ainsi s’investir encore plus au processus et fermer l’écart entre ce qui est attendu d’eux et ce qu’ils prévoient accomplir.

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RT @humanite_fr Conférence de Lima sur le climat : pourquoi c’est un échec http://bit.ly/12SuxVY  @oxfamfrance @attac_fr @EELV #COP20

A faire

Points clés

  • L’accord de Lima ne surligne pas l’appui du grand public pour les renouvelables ni l’urgence à agir et à éliminer progressivement les combustibles fossiles à 100%. Des événements extrêmes tels que typhon Hagupit, des rapports scientifiques et des mobilisations populaires marquent tous l’urgence à agir rapidement . Les dirigeants à Lima semblent être complètement déconnectés de la réalité des enjeux climatiques, mais ceux qui ne veulent pas intervenir se retrouveront de plus en plus isolés.
  • Les régions les plus vulnérables continuent à être exclues de ce processus, surtout s’ils doivent attendre jusqu’à Paris l’an prochain pour mettre en place de vraies solutions. Le manque de progrès à Lima surligne l’importance de trouver de nouveaux moyens pour financer l’adaptation aux changements climatiques dans les pays vulnérables, surtout s’ils subiront les impacts les plus durs. L’accord prévu pour l’an prochain devra refléter la réalité de ces pays vulnérables.
  • Malgré la déception de la communauté internationale, des concepts clefs ont été soulignés, et signalent une progression importante vers un accord crédible à Paris en 2015. À Lima, les négociateurs se sont entendus sur l’importance d’accélérer la transition énergétique. Globalement, les pays se sont engagés à contribuer à hauteur de $10 milliards aux Fonds verts (même les pays les plus pauvres). Avant les négociations de Lima, la Chine et les États-Unis se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz atmosphérique. Si  ces deux pays  peuvent collaborer et faire des contributions importantes, tous les pays — surtout les plus riches — peuvent sûrement apporter plus. La transition énergétique peut alimenter la société, stimuler l’économie et purifier l’air, mais tout plan d’adaptation doit être accompagné par des objectifs concrets visant la réduction des GES. En atténuant les risques d’ici 2015, il y aura moins d’impacts sur le climat, sur la santé et sur l’économie à long terme. Toutefois, la volonté politique devra se traduire en actions concrètes.

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Citations clefs

  • « Bien que l’UE ait espéré un résultat plus ambitieux à Lima, nous pensons que nous sommes sur la voie d’un accord global à Paris. » – Miguel Arias Canete, commissaire européen chargé de l’énergie et du climat
  • « Au rythme actuel, rien ne sera fait entre aujourd’hui et 2020, et on sera sur la pente d’une hausse de 3°C d’ici la fin du siècle, alors qu’il faudrait baisser de 15% les émissions de GES d’ici là, et les diviser par trois d’ici à 2050. » – Jean Jouzel, vice-président des scientifiques du Giec
  • « Il y a de profondes et anciennes divergences: le financement, quels pays sont davantage obligés à agir pour réduire les émissions et faut-il donner une plus grande priorité à l’adaptation… Ces divisions ont presque fait capoter le processus de Lima, si on ne les résout pas, elles menacent de bloquer un accord à Paris. » – Alden Meyer, expert de l’Union of concerned scientists
  •  « Les pays développés ne voudraient que de la réduction des gaz à effet de serre (dans les contributions), mais c’est impossible pour nous. » – Seyni Nafou, porte-parole du groupe Afrique
  •  « La faiblesse des résultats de Lima est un appel à continuer la mobilisation. Les gouvernements ne mettront pas en œuvre les solutions nécessaires sans que des voix ne se fassent entendre. La mobilisation doit redoubler en 2015 pour s’opposer aux intérêts particuliers qui profitent du statu quo. » – Romain Benicchio, Oxfam France
  •  « Les États investissent de plus en plus dans les énergies renouvelables, tout en continuant de dépenser 600 milliards de subventions publiques dans les combustibles fossiles. Ce n’est qu’un exemple du double discours permanent des États qui affaiblit les négociations. » – Alix Mazounie, RAC-France
  • « Un seul point positif ressort de ces deux semaines de négociations : l’adoption d’éléments-clés pour initier, au cours des deux prochaines années, des travaux sur les pertes irréversibles provoquées par le changement climatique. C’est donc bien peu. D’ici la prochaine conférence sur le climat à Paris en 2015, les gouvernements auront fort à faire pour aller au-delà des occasions manquées à Lima et restaurer la confiance entre les Etats. » – Fanny Petitbon, CARE France

Plus de tweets

  • MT @seb_GPF A Lima, la surenchère à l’éloquence sur l’urgence climatique est proportionnelle au manque d’engagements et d’actes concrets.